
Te souviens-tu mon Ami du temps où les Rois déposaient leurs richesses aux pieds du Peuple de Dieu ? Te souviens-tu du sourire de cet Enfant ? De cette stupeur amoureuse qui parcoure le frémissement de leurs ailes ?
Je ne peux plus détacher mes yeux de Lui Balthazar, depuis que je L’ai vu à la sortie du désert. Notre Ange a disparu, il est resté figé comme un roc. J’ai l’ai vu devenir cristal, celui qui est fait de vent et de larmes.
Nous ne pouvons plus repartir Balthazar, car nous sommes arrivés à terme de notre voyage. Nous planterons donc notre tente ici, dans le Royaume. Un palais fait de boue et de paille. Le palais où le Prince se fait serviteur, le coup de grâce donné à ce monde là, que nous avons quitté ensemble.
L’Astre a brillé dans la nuit. Mais lui aussi est tombé. Il s’est jeté dans le vide, en confiance. Retrouver le Frère qu’il n’avait pas vu depuis le Commencement.
Celui qui est témoin de Sa Présence est mort de trop de vie. Je me sens si impuissant Balthazar. Je ne sais pas comment tout donner, comment témoigner de ce qui fait que Je suis. Ma raison d’être s’illumine dans cette si petite chose.
Mon cœur est troublé Balthazar. Mon cœur est troublé.
