lundi 19 octobre 2009

Quelques psaumes manichéens

Merveilleuse est Ta Lumière, ô Esprit,
car Elle m’a fait entendre Ta parole.
Justes sont tes Commandements,
car ils m’ont illuminé de l’extérieur.
Profonde est Ta sagesse, car elle m’a illuminé de l’intérieur.
Pur est Ton amour, car il a donné vie à mon âme.
Dès que je T’ai connu, je T’ai aimé et je T’ai suivi,
Toi qui est pieux.
J’ai tout brûlé derrière moi, je n’ai aimé que Toi seul.
Pour Toi, j’ai quitté père et mère, frère et soeur.
Qu’est l’or pour moi ? Qu’est l’argent ?
Un verger ? un champ ?
Qu’est pour moi une épouse ? Qu’est un fils ?
Ton amour a (triomphé) de tout cela.
Qu’est le manger, qu’est le boire ?
A l’heure où je suis rassasié…
Où est la faim, où est la soif ?
A l’heure où je pense…
… O mon Bien-aimé, c’est merveilleux de parler de Toi.
… Ton Amour est ineffable…
O Esprit, Tu es la Raison de la Lumière,
Tu es la Pensée parfaite,
Tu es le Conseil divin,
Tu es l’Inspiration bénie.
A Toi soit la Gloire, aux siècles des siècles.

Nous sommes les hommes du repos :
Ne laissons personne nous charger de labeur.
C’est Jésus que nous cherchons,
C’est Lui que nous avons pris comme modèle.
Nos reins sont ceints,
Notre témoignage est dans nos mains (actes)
Nous avons frappé à la porte, la porte s’est ouverte,
Et nous sommes entrés avec le Fiancé.
Nous avons été comptés avec le nombre des vierges
Qui ont de l’huile dans leur lampe.
Nous avons été comptés avec le nombre de Droite,
Et quitté le nombre de Gauche.
Nous avons été comptés avec le nombre des brebis,
Et quitté le nombre des boucs.
Nous avons trouvé la voie étroite,
Et quitté la voie large.
… Nous avons trouvé le chemin… (qui conduit)
dans les hauteurs,
Nous avons trouvé le trésor qui est dans les cieux…
Nous avons trouvé le repos qui n’a point en lui de labeur,
La joie qui n’a point en elle de douleur.
Nous avons trouvé le trésor qui ne peut être dérobé,
Le gain qui n’a point en lui de perte.
Si l’arbre est bon, le fruit est bon,
Et le goût aussi.
Une, deux, trois, telle est l’Ecclésia parfaite ;
Entrons dans l’Ecclesia dont le nom remplit le cosmos entier.
C’est à cause de ce nom, « Ecclésia », que ce monde s’est égaré.
Ne l’ayant pas connu, ils sont tombés dans le feu,
(Car) ils n’ont pas compris.
Le Déluge (cataclismos) est la concupiscence ;
Le feu est l’oeil de la méchanceté.
L’Arche est le Commandement,
L’Ecclésia est l’Amour.
Puissions-nous demeurer en eux à jamais.


Tirés du livre de François Favre,
"Mani, Christ d'Orient,
Bouddha d'Occident"
quelques traductions d'un psautier manichéen.