
Je parcours les cimetières à la recherche d'un brin de lumière. Je sens les flammes des morts m'enseigner des mots doux. Mon coeur et le bûcher ne font qu'un. Les sanglots des familles sont conservées dans l'Abysse. Pas une larme versée dans le Terrible. Ici, je me vois rêver d'oublier ce que j'ai appris, évoluer sans le poids dans le ventre qui accompagne mon existence. Partir, rester, peu importe. Ce desert divin, déserté par le désert même, agité par les travailleurs de la mort. Une chair putride d'amour et de lumière, des lotus rouge sang s'echappent des crânes vides. Et des hommes nus, ascètes de mes songes, peu souriants...Ou est la compassion de Kinaram, celle qui transforme les cadavres en fleurs?
Je ne suis pas de cette lignée. La politesse éxige que l'on m'accepte, au mieux pour passer un jet d'eau sur le sexe du Supreme. Avide de savoir, je passe à côté de la connaissance. L'échec d'une initiation baffouée, le viol de la conscience et l'invraisemblable silence ricanant des pierres, bercé par les eaux dormantes du corbeau d'argile. Prêt à révéler son diamant. Prêt à allumer le brasier du monde par sa plume de paon et le sourire de sa Shakti. Assis toi, bois un thé, reste, reste combler la solitude d'une voie qui pour le mental, ne devrait jamais être choisie. Celle des Se Taire, celle de la décroissance imposée par l'echo de la Conscience dans notre coeur de chair. Jean le baptiste et ses peaux de bouc, le cornu éclatant de sa grace animale, et les léopards affamés, délivrés de l'instinct de peur car omnipresent.
L'intelligence d'une cheveulure d'or répète le souvenir lointain des menstrues de la Déesse. Sans dévotion, sans culte, sans corps, sans pensées, personne ne sait quelles extases j'ai vecu, Pas même moi-même. Surtout pas moi-même.
