mercredi 12 décembre 2007

illumination cardiaque



Regarde, écoute, ils appellent…Ils L’appellent. Ils Lui demandent de venir dans leur cœur, dans la plus grande sérénité, dans le silence infatigable de leur attente, de leur espérance…
Ils exaltent les choses précieuses, les réveillent, ils regardent le cœur du feu dans le creuset de leur confiance.
Ils jettent tous leurs espoirs, toute leur vie dans le brasier ardent de l’indicible.
Ils sont présents et chantent la miséricorde infinie de Notre seigneur, son Règne et sa Gloire.
L’infinie présence de l’amour en toute chose, l’infinie douceur du vent dans les arbres, l’infinie baiser de Son amour en chaque être.
Ils sont face au soleil et s’éblouissent les yeux de tant de puissance.
L’univers tourne autour du cœur du fidèle d’amour, et le fidèle d’amour tourne autour du centre de l’Univers, afin d’accomplir le miracle d’une seule chose.
Israël, notre peuple est grand, l’humanité, réconciliée dans le sang de l’alliance, l’humanité réconciliée avec elle-même…
Ils la contemplent, ils se projettent dans le proche, qui est l’avènement de la lumière. Le Roi revient, ils le savent, et préparent sa route en y dégageant chaque parcelle de corruption, devenant les gardiens de la Connaissance, les représentants de la Foi, les yeux du monde et de son essence, les oreilles de la Nature qui se reconnaît elle-même dans les chants incessants des louanges angéliques. Le Roi revient, ils le savent.
Oh Rose éternelle fleurie au centre de la Croix, nous attendrons nos frères de lumière qu’ils accomplissent l’œuvre, afin de retourner dans la demeure de l’âme.
Nous goûtons les pluies célestes, purifiant notre être, nous goûtons la joie du Royaume, lorsque notre regard se perd dans notre cœur, lorsque notre confiance sans faille fait corps avec la Terre. Lorsque nous germons telles des plantes luxuriantes dans la Terre du sauveur.
Les branches des arbres s’inclinent, et notre Noblesse retrouvée, jouit à jamais du regard tourné vers le Père de toutes les Gloires, vers le feu du centre qui régit chaque chose. Notre cœur humble s’incline face à l’arbre gigantesque, qui ancré dans le sol, s’élève dans les cieux afin de rejoindre l’immense.
Je suis là, et prêt à rejoindre l’immense, l’immense ici et maintenant, dans la présence de notre seigneur, je suis là et prêt à vous accueillir en mon sain, car je suis devenu refuge, je suis devenu l’havre de paix. Les anges m’entourent, et le Christ en moi vous regarde, comme ses enfants, ses amis, ses frères et sœurs les plus précieux.
Je suis le refuge de l’homme, attentif à la lumière du monde, qui coule en moi comme d’une fontaine jaillissante. Je suis un temple, comme tout le monde. Je suis le temple de l’éternel qui abreuve mes mûrs, qui soutient mon plafond, Il est mon saint de saints, et mes colonnes. Il est ma porte. Je suis le Temple de l’éternel, le temple de Jérusalem qui accueille la Vie.

la création selon Isaac Louria (Kabbale)



L’étude de la Kabbale se base en réalité sur la compréhension de deux mouvements fondamentaux : le mouvement descendant du créateur vers sa créature, et le mouvement ascendant de la créature vers son créateur. La rencontre, qui est appelé Shekinah (ou Présence) est à la croisée de ces deux chemins. Celle-ci peut être matérialisée dans le pentacle martiniste par les deux triangles inversés entre eux, et entrelacés (l’un pointant vers le bas, symbolisant le mouvement descendant, l’autre pointant vers le haut, figurant le mouvement ascendant), frappé en son centre par la croix, symbole de centralité.
C’est au mouvement descendant que vous allons nous intéresser ici. Afin de partir sur de bonnes bases conceptuelles, il faut tout d’abord préciser ceci : il ne faut pas voir la Création comme un acte spatio-temporel mais comme une émanation perpétuelle de lumière de Dieu vers sa création. Cette lumière constamment envoyée permet au monde créé de « tenir debout », sa stabilité résultant de la succession d’étapes cosmogoniques. Martinez de Pasqualy nous le rappel au sujet de son traité en soutenant que Dieu « émane constamment ». La Création ne peut être perçue comme un acte ponctuel, déroulé et finit. Ainsi, il faut toujours faire l’effort de distinguer le déroulement du processus, du temps, bien que notre intellect ne nous le permette pas toujours. Il faut aussi garder à l’esprit que les étapes, matérialisées comme nous le verrons par des sphères, des mondes ou des récipients, ne sont pas des objets spatiaux. Les correspondances entre les astres des sciences astrologiques et les Sephiroth, ces « sphères » cosmogoniques, pouvant induire en erreur.

Nous nous baserons dans cette étude sur les travaux du Rav Yudah Ashlag (Baal Hasoulam), très grand kabbaliste du XX° siècle, lui-même disciple posthume du célèbre « Ari », c'est-à-dire Isaac Louria.

Les 4 niveaux de la lumière directe

La Kabbale nous enseigne que le St Béni soit-il, le Seigneur Adonaï, au commencement était AIN SOPH OR, Lumière absolue et infinie, absolument pure, simple, et englobant toute chose. Cet état indifférencié est souvent associé au néant, à la nuit éternelle, mais surtout à la mer primitive. Il est en tous cas celui de la pré-création. Le créateur (BORE) est de toute bonté. Etant d’essence absolument bonne, sa lumière (OR), devient volonté de donner, donc désir de se manifester. Ainsi, le germe de la création est en place. Cet état de la lumière divine est appelé KETHER (la couronne). Appliqué à l’homme, il est ADAM KADMON, l’homme originel, totalement Un avec le créateur, une âme indifférenciée, l’homme d’avant la chute d’après le Martinézisme.
Ayant la volonté de donner, et ce désir étant si fort (on parle de MAATZIL), le Créateur décide de créer un récipient, de creuser un contenant en lui-même, afin que sa lumière puisse l’emplir. Ce premier récipient (KLI), marque le commencement de la création, et ainsi la naissance de la créature. C’est la première séparation entre le Créateur et sa création. Le Créateur donne (NETINAH) car il aime, et le récipient reçoit (LEKABEL). Ca n’est pas encore un « désir » de recevoir mais une réception « par nature ». Cet état est manifesté par la lettre Yod, première lettre du tétragramme divin, ou nom de Dieu (Yod Hé Vaw Hé), et correspond à la formation de la Sephirah HOCKMAH (la sagesse). La lumière emplissant cette Sephirah s’appelle « OR HAYAH » (lumière de la vie également appelée OR HOCKMAH). Le monde ainsi créé s’appelle ATZILOUTH, c’est celui de la formation, le monde des archétypes.
Afin de ressembler au créateur, la création, emplie de sa lumière, appelée dans ce stade « OR HASSADIM » (lumière du Cœur), décide de donner. Ainsi, elle se vide de sa lumière afin de la renvoyer à son envoyeur. La création et le Créateur s’aiment tellement que chacun décide de tout donner. Cependant, la créature n’a rien en soi à donner, car vide. Cet état est manifesté par la lettre Hé, celle du souffle divin, deuxième lettre du tétragramme. Il correspond à la Sephirah BINAH (l’intelligence) et au monde de BRIAH.
Cette triade, KETHER-HOCKMAH-BINAH est le ternaire supérieur de la manifestation.
Pour combler le vide de Binah, la création s’imprègne de la Vérité suivante : « la seule façon de combler le Créateur, c’est de recevoir sa lumière ». Lorsque cette lumière est ancrée en elle, elle va pouvoir la renvoyer, la donner, afin de ressembler à son Créateur. La lumière devient alors « OR HOCKMAH HASSADIM » (Lumière de la Vie éclairée par le Coeur). Ce « vase » reçoit et donne. Cet état, manifesté par la lettre Vav (la lettre de l’empreinte), est incarné en TIPHERETH (la Beauté). Son monde est YETZIRAH. Il faut savoir que c’est ici dans la Sephirah TIPHERETH qui sont inclus les Sephiroth HESED (la miséricorde), GUEBURAH (la force), TIPHERETH BETH (la Beauté intérieure), NETZAH (la victoire), HOD (la Gloire) et YESOD (le fondement). Certains kabbalistes chrétiens font également référence à la Sephirah DAATH (la Connaissance), située au centre de la triade supérieure.
Ayant refusé une partie de OR HOCKMAH, la Création connaît un réveil passionné éclairé par le souvenir de la réception totale de cette lumière. Ce désir de recevoir pleinement est un aboutissement. C’est l’achèvement de la première émanation. Il est incarné par la Sephirah MALKOUTH (le Royaume) et manifeste le monde d’ASSIAH.
A différents stades d’émanations, différentes formes de lumière correspondent à différents états de « l’âme». D’où le fait qu’il existe plusieurs noms dans la Kabbale pour désigner l’âme. En KETHER et dans le monde d’ATZILOUTH, on ne peut parler d’âme au sens strict. En effet, elle n’est pas assez séparée de la lumière originelle pour pouvoir se différencier. La source première agissant comme un aimant, la fusion entre la Créature (dans le sens d’individualité ici) et le Créateur, est instantanée. Ca n’est que dans le monde de BRIAH que l’âme se distingue assez de la source pour se nommer « NESHAMA ». On parle ici d’un certains degré d’indépendance plutôt que d’une séparation véritable. NESHAMA désigne l’étincelle divine, l’Esprit (Noûs dans la tradition grecque). Dans le monde de YETZIRAH, l’âme devient ici volatile, indépendante du créateur mais reste encore spirituelle, elle est son agent, elle devient « vent » (ROU’AH, « pneuma » en Grèce), son souffle. En ASSIAH, l’âme se densifie et devient NEPHESH (lumière de la Vie installée dans le Corps). Le corps dans son sens matériel est l’état de la lumière dans notre Monde, situé sous ASSIAH : OLAM AZEH : Notre monde, et l’âme qui le constitue est perçu par la Kabbale comme l’aboutissement du désir de recevoir.
Tout ce qui est s’inscrit dans ces quatre étapes de la Création appelées BHINOTH OR YASHAR (les 4 niveaux de la lumière directe).

Le Tzim Tzoum ou la restriction

Le premier éloignement véritable de la création par rapport au Créateur est du à la présence intense de la lumière en MALKOUTH (dans le sens de quatrième niveau, BHINA DALETH). En effet, ayant le désir de ressembler à son Créateur, face au MAATZIL, la création a honte (BUSHA) de tant de lumière accordée. Cette honte de recevoir implique un rejet total de la lumière et la disposition d’un écran réfléchissant (MASACH). Ainsi, l’écran renvoie la lumière du créateur qui devient réfléchie (OR HOZER) ; elle remonte les plans de la création en revêtant les dix Sephiroth et devient elle-même récipient à la place de MALKOUTH. Le désir de donner et le désir de recevoir seront alors proportionnels. En clair, à chaque refus de recevoir, correspond l’émergence d’un nouveau récipient. Au final, la Création pourra jouir de la lumière du créateur tout en transformant cette frustration du recevoir en plaisir de donner, car rien ne satisfait plus le Créateur, que sa création qui reçoit. Ainsi, en recevant, la création réjouit le créateur, qui a lui, formé pour la « convaincre », d’autres récipients pour qu’elle puisse puiser dedans, afin de transformer la position de récepteur de la création, en celle de donateur. Ainsi, les nouveaux récipients seront contenus en MALKOUTH, et deviendront nécessaires au bon fonctionnement de cette Sephirah. En remontant, la lumière réfléchie, OR HOZER, fera que chaque récipient sera réactivé en fonction de son désir de recevoir. Et à chaque récipient, elle prendra le « vêtement » de chaque Sephirah, c’est pour cette raison que l’on dit que chacune des Sephirah contient en elle-même les dix Sephiroth. Ce processus, palliant à la restriction (TZIM TZOUM) est appelé Réparation (TIKOUN). Il est multiple dans le sens ou il y a plusieurs restrictions (TZIM TZOUM BETH…etc), cependant on dénote l’existence d’une réparation finale incarnée par le messie (MESSIAH). Les TIKOUN successifs, véritables processus « historiques » de sauvetage de la lumière divine « emprisonnée » dans les gangues des sphères « denses » (QLIPHOTH : écorce), sont eux incarnés plus particulièrement par les prophètes bibliques.

Les différents « sous-mondes » (PARTZOUF) sont très nombreux dans la Kabbale et on tous un rôle différent à jouer en fonction des mécanismes de TZIM TZOUM et de TIKOUN, prenant successivement les polarités des Sephiroth et des Plans d’existence (les mondes). Il serait inutile ici de les énumérer et d’établir un tableau complet de la Création décrite par la Kabbale. Cependant, il est intéressant de noter que la Création elle-même n’en finit pas d’émaner, de créer, de se restreindre, de se réparer, dans différents niveaux de formation des mondes. On ne peut donc pas concevoir dans la Kabbale, qu’un unique mouvement descendant. C’est la raison pour laquelle il serait intéressant de penser que la remontée de l’homme jusqu’à Dieu s’inscrit elle-même en tant que processus de Création, et non comme un véritable retour suite à un acte, un crime, commis, déterminé et « finit ».

(Photo du baal shem tov)

Enseignements tirés de bnei baruch ( http://www.kabbalah.info/ )

panorama des "traditions" gnostiques modernes


Je souhaiterais dresser un panorama succin des traditions modernes se revendiquant plus ou moins de l’héritage gnostique.

Nous pouvons distinguer 4 grands courants venus de souches différentes.

Le premier est celui de la Rose croix d’or, à travers les enseignements de Van Rickjenborg (XIX° siècle). J’ai apprécié dans l’échange avec un ami de cette école initiatique, la qualité de sa compréhension, tout en émettant certaines réserves quant aux interprétations énergétiques des enseignements gnostiques.

Le second serait celui des églises gnostiques « modernes », toutes nées de l’aventure martiniste du XIX° siècle, par l’intermédiaire d’un homme nommé Jules Doinel. Aujourd’hui, la plupart de ces églises se retrouvent greffées à des « hauts grades » dans différentes obédiences maçonniques (notamment Memphis Misraïm). A noter également la récupération du mouvement par A. Crowley qui deviendra l’EGC et EGCA. Aujourd’hui, celui-ci a surtout de l’importance numérique aux USA. On ne dénombre pas loin d’une trentaine d’églises néo-gnostiques. Pour ce qui est du martinisme, bon nombre d’éminents représentants « post-Ambelain » de cette tradition se sont tournés vers l’orthodoxie et le catholicisme. Ce qui n’est pas étonnant étant donné que la filiation gnostique sauvage de Doinel a été « validé » par les soins de Jean Bricaud par une succession apostolique « régulière » (via l’Eglise gallicane, puis plus tard par des filiations syriaques et autres).

Nous pouvons maintenant en venir à Jean Yves Leloup, hasardeusement prêtre à l’EOF (Eglise Orthodoxe de France), qui n’est autre qu’une scission de l’ECOF (Eglise Catholique Orthodoxe de France). Ce dernier est le traducteur contemporain (Albin Michel spiritualité oblige) des évangiles de Thomas, Philippe et Marie Madeleine, grand public. Nous ne pouvons cependant le considérer comme un successeur d’une potentielle tradition néo-gnostique, il reste orthodoxe, et cela se voit dans l’interprétation qu’il donne de ses propres traductions !

Enfin, à noter, le mouvement de Samael Aun Weor, qui n’en finit pas de trainer en Amérique du Sud et en Afrique, dans des scandales financiers et sexuels.


Pour ma part, mon parcours s’est retrouvé à mi-chemin entre les trois premiers courants exposés (je me suis bien gardé de m’intéresser de prêt à Samael Aun Weor, du pur délire…).

J’ai été initié au martinisme en 2003, dans un ordre avec lequel, bien que plus réellement actif, je garde des contacts privilégiés. Ce dernier ne s’est jamais revendiqué gnostique, Victor Blanchard (ancien patriarche de l’EGU) faisant néanmoins partie de notre chaîne initiatique... Mon initiatrice m’a d’ailleurs toujours conseillé de me garder de l’influence psychique tant recherchée par les « initiés modernes », que les gnostiques dénonçaient déjà à leur époque. Quelques mots dans ce texte ne suffiraient pas à lui dire combien je lui suis reconnaissant. Néanmoins, je ne tardais pas de constater, suite à mes investigations personnelles, à quel point le contraste était grand entre les travaux de notre ordre, dit opératif (qui me paraissent aujourd’hui comme une pure et simple base d’un véritable travail initiatique, sans interminables lecture des planches maçonniques à l’appui) et ceux des autres ordres. Au programme, ou bien ces derniers se cantonnaient au terrain facile de la spéculation, ou bien des furieux de la manière occultiste passaient leur temps à tester des rituels magiques dans le cadre de travaux de loges sauvages, sans régularité filiale (je vous garantie que des rituels thélémites dans le cadre d’une loge martiniste ne donnent pas vraiment de bons résultats, si l’on reconnait l’arbre à ses fruits…). Comme d’habitude, ceux qui travaillent véritablement ne sont pas connus, loin de l’hégémonie de l’AMORC et des querelles du forum « maitres passés » sur internet. Quant aux potentiels gnostiques, des collectionneurs de filiation au mieux, de véritables mages noirs au pire. Je me souviens d’une soirée avec un « cousin » de Memphis Misraïm (qui a heureusement été radié depuis), qui tourna en véritable séance de manipulation mentale. Au programme, invocation qliphotiques, Arcana Arcanorum, « alchimie gnostique » et égolâtrie. De quoi mettre définitivement à la poubelle le sacro saint parcours Memphis-Misraïm, Elus cohen et prêtrise gnostique…Je rajouterais quelques mots au sujet des tenants d’extrême droite, royalistes ou simplement frontistes, ayant introduit le mouvement gnostique jusqu’à s’en faire les soit disant dignes représentants en France. St Paul cité à tout va, NSJC (Notre Seigneur Jésus Christ) invoqué dogmatiquement à tout bout de champ…etc. Très loin des communautés ophites des premiers siècles. Mais St Irénée de Lyon n’a pas finit de semer la confusion en parlant des « gnostiques au nom menteur ». Car les seuls détenteurs officiels de la gnose chrétienne, on les connait : Les pères de l’Eglise. Les successeurs de l’Evêque pré-nicéen sont encore légions. Puisque son omniprésence sur internet nous y oblige, reste à évoquer la tentative de constitution d’une Eglise Gnostique Chaote. Je connais sur internet ses principaux représentants (merci msn et caramail…), et bien que n’ayant aucun griefs personnels contre eux, je dois être honnête en affirmant que leurs travaux, s’ils ne sont pas des plagiats de traduction, me paraissent inutiles voir anti-initiatiques. Mais après tout, de leurs propres dires, il ne s’agit que d’une farce visant à dénoncer les abus des systèmes initiatiques…Alors que pourrais-je en dire ?

J’ai rencontré quelques temps avant de partir en Inde, un éminent représentant de la Rose+Croix d’or au travers de notre passion commune pour le prophète Iranien Mani (considéré comme un gnostique par certains universitaires). Je me suis senti assez proche de ce courant en raison de ses influences gnostiques. Par contre, son approche de l’alchimie, ainsi que sa théosophie rosicrucienne moderne (dérivé des Max Heindel, Rudolf Steiner, etc) m’a paru trop éloigné du sujet…Mon ami me dirait surement que tout y est…

Ma rencontre avec le « lobbie » Jean Yves Leloup (c'est-à-dire celui d’Albin Michel spiritualité, et Terre du ciel : le bizness spirituel) s’est faite au cours de la célébration d’un mariage au Monastère de St Michel du Var, église mère de ce dernier. Je fus agréablement surpris à l’écoute de la liturgie, et particulièrement touché par Monseigneur Martin, l’évêque responsable du monastère. Mon ardeur anti-catholique s’est retrouvée calmée par l’ambiance qui m’a rappelé le témoignage d’un moine orthodoxe, ayant décidé de s’investir intégralement dans la prière, après avoir été témoin d’une altercation violente entre deux moines de son monastère au sujet d’une question théologique. Cependant, ma seconde visite, qui correspondait au déroulement d’un stage de Jean Yves Leloup effectué par mon ex-compagne, me fit voir les choses d’une toute autre façon. Malaise et colère grandissant de ma part, sans explications. Crise d’hystérie dans l’église suite à des sermons quasi évangélistes du docteur es psychologie. N’étant pas d’instinct bagarreur, je me résolus à me dire que ce qui était proposé n’était pas ma voie…Bien que ce soit de Christianisme intérieur dont il s’agissait ! Et pour quelques 300 euros les 3 jours, non merci. Etant étudiant, je n’avais pas les moyens de me payer la grace.

Suite à mon voyage en Inde, j’ai rencontré ce que j’hésiterais ici à évoquer comme une tradition revendiquée gnostique, à savoir la tradition du non-né, ou tradition du Dragon. Il ne faut pas y voir un système magique supplémentaire, une tradition de plus, ou encore un enseignement inédit. Non. Il s’agit d’un homme, Jean Luc Colnot, que je souhaitais rencontrer depuis quelques années, et de l’expression imagée de la Connaissance dans laquelle il est « tombé » quand il était petit… Le lien avec le mouvement néo-gnostique vient du fait qu’il organisa il y a dix ans avec Philippe Naudet, parallèlement aux enseignements d’Emile Gillabert (fondateur de la revue Metanoia), le CEH (centre d’étude hiérosophique). Son objectif était simplement d’éveiller les esprits à la voie directe. Il était très largement d’inspiration gnostique et kabbalistique (Une étude approfondie de l’hébreux et du Zohar au cours d’une retraite de trois ans en Andalousie, on est loin des fantasmagories d’un Jean Haab !). L’aventure prendrait plus tard une tournure encore plus directe que l’on nommera par commodité la tradition du dragon. Pourquoi le dragon ? Ensemble, nous parlons bien plus volontiers de Taoïsme ou de Vedanta que de systèmes magiques. Cependant, il est l’auteur des traductions du Magick IV de Crowley et des écrits d’Austin Spare, ainsi que de nombreuses œuvres de chaos magick (en collaboration avec Philippe Pissier, qui s’est retrouvé, au cours du temps, l’un des principaux nœuds des chaînes de transmission des églises gnostiques modernes…Le monde est petit. Quand on sait ce qu’il en pense, je peux dire qu’il aurait été juste d’en faire autre chose qu’une arme de sabotage politico-ésotérique !). Il est via son site web, associé à la sacro sainte « main gauche occidentale ». Mon association à ce travail m’a d’ailleurs valu le refus d’un ami et frère martiniste à me mettre dans ses liens sur son site web! Une entreprise qui était avant tout une manière de faire fuir les conformistes dogmatiques plus qu’une profession de foi ! Reste que tout cela est bien éloigné du travail effectif (et non virtuel) produit à son contact. Un travail opératif, sans rituels, qui me fait voir aujourd’hui les enseignements gnostiques d’une toute autre lumière…Celle de l’expérience numineuse qui « n’a jamais eut lieu » !

Une dernière information que je souhaitais faire passer : si magick-instinct s’est doté de l’arme politique de la gratuité (mise à disposition des traductions), il s’avère que les multiples plagiats dont il a été victime a participé aux grandes difficultés financières de son propriétaire. Mais une loi mercantile fait que les imposteurs gagnent beaucoup d’argent tandis que la gratuité est imposée à ceux qui fournissent un travail colossal (et qui y consacre d’ailleurs leur vie entière). Mais vous comprenez, les vrais maîtres spirituels se doivent d’être des ermites en haillon selon l’imagerie spirituelle bobo…