lundi 23 novembre 2009
vendredi 13 novembre 2009
Contre
Les femmes contre les hommes,
Les parents contre les enfants,
Les blancs contre les noirs,
Les chrétiens contre les musulmans,
Les patrons contre les ouvriers,
La France contre la gauche,
La société contre l’individu,
Les malades contre les sains,
La technologie contre l’homme,
Les hommes contre la planète,
L’argent contre l’amour,
Les homos contre les machos,
Les smicards contre les Rmistes,
Les fashions contre les SDFs,
Les transsexuelles contre les travestis,
Les guérisseurs contre les médecins,
Les « RHP » contre les « LHP »,
Les moi(s) contre Soi,
L’être contre le néant,
La dualité contre l’unité,
Le sommeil contre l’éveil,
Ton expérience contre la mienne,
Mon amour contre le tien,
Ma vie contre la tienne,
Sa survie contre la leur,
Les riches contre les pauvres,
Ma misère contre ta misère,
Les disciples contre les maîtres,
Les anges contre les démons,
Les bagnoles contre les vélos,
Mes larmes contre tes cris,
La maladie contre le remède,
Le désespoir contre l’effort,
La misère contre la dignité.
L’homme contre l’homme.
Une fine aiguille a pourtant percé mon cœur.
Ainsi se déverse le nectar sur nos crématoires.
Et je repars en poussant un énorme cri.
Je repars en poussant un énorme cri.
Je repars en poussant un énorme cri.
dimanche 8 novembre 2009
Hymne à l'Epouse de Shiva
Hymne à l'Epouse de Shiva (Bhavanyastakam)
par Adi Shankaracharya
Dans ce monde,
Ni père, ni mère,
Ni famille, ni soutiens,
Ni fils, ni sœurs,
Ni maris, ni femmes,
Ni sagesse, ni savoirs,
Ne sont miens.
Ainsi, Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Etant tombé dans l’océan illimité de la naissance et de la mort,
Et toujours lié par la cupidité, l’orgueil, l’illusion et le désir,
Je crains cette existence douloureuse.
Ainsi, Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Oh Mère, je n’ai fait aucune charité,
Je n’ai pas médité,
Je n’ai pas fait de rituels,
Je n’ai prononcé ni prières ni saints Noms,
Je n’ai pratiqué aucun culte,
Ni ne me suis purifié par des invocations appropriées,
Ainsi, Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Je ne connais ni les bonnes actions, ni Ton lieu sacré,
Ni comment faire pour atteindre la libération en dissolvant mon égo.
Je suis incapable de réaliser l’Amour divin, ni de suivre une voie spirituelle pour l’atteindre,
Ainsi, Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Je suis constamment engagé dans des pensées sans valeurs, et dans des actions inappropriées,
Mon intellect est l’esclave de mauvaises habitudes,
Je suis toujours incapable de bien me conduire,
Et mon attitude est honteuse pour la société,
De même que mes vues critiques et mes paroles indisciplinées,
Ainsi, Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Je ne connais ni les Seigneurs Brahma, Vishnu, Shiva, Indra,
Surya et Chandra ni les autres personnes divines.
Ainsi me suis-je remis entièrement à Toi,
Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Oh Mère compatissante, protège-moi partout où je suis de toutes blessures,
Que ce soit dans l’eau ou le feu,
Dans les montagnes ou les jungles,
Dans les conflits, dans la détresse de l’abandon,
Oh Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
Oh Mère soucieuse,
Je suis un vrai orphelin sur cette Terre, sans vertu,
Réduit à l’impuissance, frappé par les douleurs de la maladie et du vieillissement,
Trompé par l’ignorance et la paresse, déchu et abandonné,
Appelant continuellement les calamités.
Oh Mère de l’Univers,
Epouse divine du Seigneur Shiva,
Toi seule es mon éternel Refuge.
samedi 31 octobre 2009
mardi 20 octobre 2009
En toute confiance
Les choses cachées et honteuses (en toi),
Place-les dans la Lumière, ô enfant de Dieu.
Car quelle chose pourrait avoir de l’importance
aux yeux du Tout-Puissant,
Si ce n’est ce qui est saint.
Même les saints,
S’ils se relâchent, souffriront.
Ô homme de foi, sois comme le soleil,
Qui ne dit pas « je suis beau »,
Même si les astres des cieux sont de toute beauté.
Toi donc, qui veux être semblable à ton Père,
que les autres se glorifient en toi,
Et tu demeureras en paix.
Puisse le Sauveur (demeurer en nous) :
puissions-nous être dignes de lui.
Jésus est un navire :
Bénis sommes-nous, nous qui naviguons avec lui.
L’Eglise forme une couronne (de roses) qu’ils
(les Elus) rassemblent de tous les coins (de la terre)
Celui qui tresse cette couronne répand (le parfum) des roses…
Mais il y a aussi de fausses roses, que l’on estime.
Quand on les regarde elles sont belles, mais quand
on respire leur parfum, elles sont sans odeur.
Malheur à toi, ô fausse rose,
Car tu ne fais plus partie de la couronne.
lundi 19 octobre 2009
Quelques psaumes manichéens
car Elle m’a fait entendre Ta parole.
Justes sont tes Commandements,
car ils m’ont illuminé de l’extérieur.
Profonde est Ta sagesse, car elle m’a illuminé de l’intérieur.
Pur est Ton amour, car il a donné vie à mon âme.
Dès que je T’ai connu, je T’ai aimé et je T’ai suivi,
Toi qui est pieux.
J’ai tout brûlé derrière moi, je n’ai aimé que Toi seul.
Pour Toi, j’ai quitté père et mère, frère et soeur.
Qu’est l’or pour moi ? Qu’est l’argent ?
Un verger ? un champ ?
Qu’est pour moi une épouse ? Qu’est un fils ?
Ton amour a (triomphé) de tout cela.
Qu’est le manger, qu’est le boire ?
A l’heure où je suis rassasié…
Où est la faim, où est la soif ?
A l’heure où je pense…
… O mon Bien-aimé, c’est merveilleux de parler de Toi.
… Ton Amour est ineffable…
O Esprit, Tu es la Raison de la Lumière,
Tu es la Pensée parfaite,
Tu es le Conseil divin,
Tu es l’Inspiration bénie.
A Toi soit la Gloire, aux siècles des siècles.
Nous sommes les hommes du repos :
Ne laissons personne nous charger de labeur.
C’est Jésus que nous cherchons,
C’est Lui que nous avons pris comme modèle.
Nos reins sont ceints,
Notre témoignage est dans nos mains (actes)
Nous avons frappé à la porte, la porte s’est ouverte,
Et nous sommes entrés avec le Fiancé.
Nous avons été comptés avec le nombre des vierges
Qui ont de l’huile dans leur lampe.
Nous avons été comptés avec le nombre de Droite,
Et quitté le nombre de Gauche.
Nous avons été comptés avec le nombre des brebis,
Et quitté le nombre des boucs.
Nous avons trouvé la voie étroite,
Et quitté la voie large.
… Nous avons trouvé le chemin… (qui conduit)
dans les hauteurs,
Nous avons trouvé le trésor qui est dans les cieux…
Nous avons trouvé le repos qui n’a point en lui de labeur,
La joie qui n’a point en elle de douleur.
Nous avons trouvé le trésor qui ne peut être dérobé,
Le gain qui n’a point en lui de perte.
Si l’arbre est bon, le fruit est bon,
Et le goût aussi.
Une, deux, trois, telle est l’Ecclésia parfaite ;
Entrons dans l’Ecclesia dont le nom remplit le cosmos entier.
C’est à cause de ce nom, « Ecclésia », que ce monde s’est égaré.
Ne l’ayant pas connu, ils sont tombés dans le feu,
(Car) ils n’ont pas compris.
Le Déluge (cataclismos) est la concupiscence ;
Le feu est l’oeil de la méchanceté.
L’Arche est le Commandement,
L’Ecclésia est l’Amour.
Puissions-nous demeurer en eux à jamais.

quelques traductions d'un psautier manichéen."Mani, Christ d'Orient,
Bouddha d'Occident"
samedi 17 octobre 2009
Le Manichéisme : Le tantra et l'alchimie de Mani
A l’échelle humaine, le processus de rédemption des particules de lumière emprisonnées dans le corps présenté par Mani, relève d’un Tantra, c'est-à-dire d’une discipline alliant corps et esprit dans un même travail, sous l’influence de différentes forces, présentes en l’homme, à l’état latent. La comparaison entre tantra manichéen et les disciplines tantriques hindouistes et bouddhiques ne sera pas l’objet central du propos. J’essayerais de me cantonner à présenter la spécificité interprétative de cette discipline manichéenne, et ainsi, de me consacrer à son ésotérisme pratique, allant cependant (rappelons-le) de paire avec ses pratiques liturgiques et éthiques. Ce tantra, qui, appliqué au règne minéral, végétal et animal, est une extériorisation de ce processus interne à l’homme, rappelle également la discipline alchimique des anciens, de part la description de ses opérations et son symbolisme.Lors de la création de l’homme, les archontes Ashaqloun et Nebroël enfermèrent en son corps les éléments lumineux en exil comme il suit : la lumière dans les os, la force (l’air de nature reste épargné de la matière) dans les nerfs, le vent dans les veines, l’eau dans la chair et le feu dans la peau.
Mani, qui était médecin, distingue quatre partie du corps : du sommet du crâne à la nuque, de la nuque au cœur, et du coeur aux intestins et des intestins aux pieds. Ces parties sont soumises à l’emprise des 12 archontes zodiacaux : tête/ bélier, nuque/ taureau, bras/ gémeau, torse/ cancer, estomac/ lion, intestins/ vierge, colonne vertébrale/ balance, organes génitaux/ scorpion, reins/ sagittaire, genoux/ capricorne, jambes/ verseau, plante des pieds/ poisson. Ainsi, le corps de l’homme est une prison contrôlée par des geôliers qui sont les influences naturelles gouvernant les cycles physiologiques de celui-ci.
Afin d’éclaircir sa « médecine », Mani compare la soma du corps a un dragon à 14 têtes, qui correspondent aux sens, aux véhicules du corps (le sang, l’influx nerveux, le fluide hormonal, etc…) et à leur organes respectifs. Ce dragon possède 5 différents repères dans le corps de l’homme : « Les 5 repaires dont nous avons parlé ou le dragon est caché sont ceux-ci : le premier est la langue, le second les poumons, le troisième le cœur, le quatrième est la rate, le cinquième est le sang. ». Ces 5 repères correspondent à des centres vitaux créateurs de matière psychique. Le dragon représente donc le corps « émotionnel » de l’homme et ses centres d’activité, que les occultistes au XIX° siècle appelleront « corps astral ».
Afin de délivrer la lumière contenue dans le corps, et ainsi à le réhabiliter dans sa véritable dimension (c'est-à-dire un corps conscient, un corps de gloire), il convient donc à l’élus d’effectuer plusieurs opérations : se libérer des influences zodiacales, convertir le dragon, libérer la lumière enfermée, et transmuter les différentes parties souillées du corps de chair.
Le seul agent capable de réaliser ces véritables transmutations est la Gnose transmise par un Envoyé de la lumière. Par la prière, et l’invocation des principes sotériologiques, l’élu se met en phase avec l’Esprit Saint, et accueille sa « descente » en ses corps.
D’après le Compendium chinois, L’Envoyé de Lumière se présente à sa porte (c'est-à-dire le sommet du crâne), et entreprend de lui rappeler la beauté de son origine. Sa parole est entendue par tout son être et l’envoyé fait cesser l’emprise des « serpents venimeux » en les enchaînant. Ecartés de leurs influences respectives, il libère ensuite les éléments de leurs véhicules corporels. Afin de les purifier de leurs souillures, il attise le feu « affamé » (c'est-à-dire le feu du dragon), qui les fait fondre, les éléments s’unissent, et libérés, ils permettent ainsi la transmutation des corps. Le dragon est donc terrassé après avoir été « attisé », lorsqu’il libère les substances lumineuses. L’Envoyé place une colonne de lumière où coulent les joyaux de l’Esprit saint. Dans chaque sanctuaire corporel ou régnait l’influence négative des archontes (nommée « arbres de la mort »), sont placées des qualités divines (les arbres de vie), qui alliées aux éléments ainsi réhabilités deviendront le fil d’Ariane de l’élu dans sa vie quotidienne sanctifiée. L’auteur du Compendium parle également de 7 joyaux découverts et purifiés par l’Envoyé lors de sa descente dans le corps de l’homme. Leur « réactivation » permet la libération de la lumière, hors des repères du dragon alors terrassé et loin de la prison de la chair soumise aux archontes. Puis il s’installe sur un trône et annonce à la multitude la nouvelle « Loi ». L’Envoyé demeure donc présent dans le corps de l’homme à l’issue de la réalisation de ces opérations. Les manichéens comme d’autres chrétiens parleront de la Présence du Christ au centre de l’être, le cœur, et de la naissance du nouvel homme annonçant l’ère de la révélation à la multitude.
Il y a un double rapprochement à effectuer entre l’alchimie et le manichéisme : un rapprochement symbolique et un rapprochement pratique. En resituant le contexte idéologique du bassin méditerranéen à l’époque de Mani, il faut tout d’abord préciser que le manichéisme a été attaché par certains auteurs chrétiens à l’hermétisme primitif (c'est-à-dire le néo platonisme d’Egypte), et donc au pythagorisme. De fait, par synchrétisme des communautés manichéennes égyptiennes, ou par erreur des hérésiarques (je pencherais plutôt pour la première hypothèse), Hermes Trismégiste figure parmi la liste des Envoyés de l’esprit précédant Jésus et Mani, autant que Pythagore et même Platon. Le vocabulaire symbolique, ainsi que la cosmogonie de Mani seront en quelques sortes la traduction irano-araméenne du mythe alchimique et gnostique héllénique.
On trouve comme référence commune à l’hermétisme, au manichéisme et au gnosticisme, le Soleil et la Lune en tant qu’agents transmutateurs, qui au regard de l’expérience d’oratoire et de laboratoire, révèlent le mystère du Solve et du Coagula. Les 5 autres astres planétaires ainsi que les 12 signes du zodiaque, gardent quant à eux leur caractère archontiques, dans le sens ou ils représentent des étapes, des seuils à franchir jusqu’à obtenir l’or alchimique, ou la libération de la lumière enfermée au cœur de la matière. L’émanation des éons, incarnés par des vertus ou « états de l’esprit » auront au même titre que les états de la matière une place chronologique dans le processus du « grand œuvre » manichéen. On retrouve par exemple dans les Kephalaia les propos suivant : « Une fois de plus, l’illuminateur parle : « Par quelle voie les éléments seront rassemblés, de l’un à l’autre ?
La lumière devra être assemblée dans le feu, et le feu lui-même dans l’eau, et l’eau dans le vent, et le vent, dans l’air, l’air dans la réponse, et la réponse, dans l’invocation. Ensuite, des invocations, à l’esprit purifié, qui est l’intellect. De l’intellect à la colonne de Gloire, de la Colonne de Gloire au Premier homme, jusqu’à l’Ambassadeur, et enfin, dans les éons de la grandeur.
Ils sont réunis ainsi, mais ils seront réunies en une seule fois seulement, et demeureront au lieu du repos à jamais. » (Keph 71). Le processus indique bien une « évaporation » accompagnée d’un transit des éléments lumineux vers les hautes sphères de la création, c'est-à-dire un véritable processus de spiritualisation de la matière, permise en alchimie opérative par de longs procédés de rectifications (alternance d’évaporation et de distillation de la matière afin de la purifier). A terme de cette purification, se trouve la réunion des éléments, incarnée dans l’alchimie par la quintessence. C’est à ce propos que K. Jung, remarque dans Mysterium conjonctionis un lien entre la roue cosmique (zodiaque) des manichéens sur laquelle les archontes suintent (caléfaction) la lumière et la rosée alchimique « transpirée » du ciel. C’est enfin sur une note Bachelardienne (en référence à la psychanalyse du feu de G. Bachelard) que je soulignerai que l’emploi de caractères sexuels dans l’alchimie comme dans le manichéisme et le gnosticisme en général (notamment dans cet épisode d’éjection de la lumière) n’est en aucun cas lubrique ni anodin, mais strictement « naturel ». Rappelons que ce qui était considéré comme obscène et blasphématoire par les autorités religieuses de l’époque sert aujourd’hui de pilier conceptuel à la psychanalyse archétypique et à l’anthropologie religieuse. Quant à résumer ce registre aux mouvements de l’inconscient, c’est cependant réduire le mythe au point d’oublier que l’homme est un microcosme relié « corps et âme » à l’Univers, et ainsi séparer phusis de psyche, la physique de la psychologie tout en oubliant encore et toujours pneuma, logos et nous, les trois manifestations hellénique de l’Esprit.
